lundi 29 août 2016

Mali, une paix difficile à construire


                                              Mali, une paix difficile à construire 



Rébellion, coup d’Etat, invasion terroriste,  l’année 2012 marque  le début  d’une page sombre de l’histoire du Mali. Tout ce qui constituait l’ordre dans  ce pays d’Afrique de l’Ouest, considéré par bon nombre d’observateurs comme un modèle de démocratie, s’est effrité  en cette date.
La paix qui  y  prévalait à voler en éclat avec le déclenchement d’une rébellion touareg dans la partie septentrionale.  La gestion catastrophique de cette rébellion par le gouvernement de l’époque conduit à un coup d’état militaire avec son lot d’exactions. Les conséquences de ce Coup d’Etat ne se feront pas attendre. Le chaos créé favorisera  l’envahissement des deux tiers du territoire   par les rebelles touaregs associés aux groupes djihadistes qui finiront par prendre le dessus sur les rebelles touaregs et chasseront ces derniers pour assoir dans les zones sous leur contrôle, la charia. Le Mali dit alors au revoir à la paix, à la stabilité et bonjour à l’insécurité, à l’injustice. Viole, vol, exécutions sommaire deviennent le quotidien des populations  des zones sous occupations terroristes pendant plusieurs mois  avant qu’une intervention militaire de la communauté internationale ne vienne mettre fin à ce supplice de la population en janvier 2013. A la suite de cette intervention, des élections sont alors organisées, un nouveau  président est élu,  le processus de paix est relancé.
Trois ans après le retour à l’ordre constitutionnel, le Mali a-t-il renoué avec  la paix ?
La justice est elle effective ?

L’élection du président Ibrahim Boubacar Keita en Septembre  2013 à la magistrature suprême, a donné beaucoup d’espoirs  aux maliens. Les maliens  y voyaient  un signal fort pour le  retour à la stabilité.


Si depuis, des actions ont été posées  dans ce sens, force est de constater que la paix tant attendue tarde à être une véritable réalité. Un accord de paix à certes été signé avec les différents groupes rebelles entre mai et juin 2015, mais sa mise en œuvre et  les interprétations de certains points  par les différentes parties signataires   posent d’énormes difficultés. Ainsi plus d’un an après sa signature, on assiste encore à des manifestations contre certaines dispositions de l’accord de paix.  Ce fut récemment le cas  à Gao où une manifestation de  jeunes  contre la mise en place des ‘’Autorités Intérimaires ‘’, le 12 juillet dernier,  a été violemment réprimée  par l’armée malienne faisant  4morts et une trentaine de blessés parmi les jeunes. Par ailleurs les affrontements entre les différents groupes armés  n’a pas pris fin, on assiste de façon récurrente à des affrontements  entre notamment la Coordination des Mouvements de L’Azawad (groupe indépendantiste touareg) et  le Gatia (groupe armé touareg proche du gouvernement) pour  le contrôle de la région de Kidal.



A  cela, il faut ajouter, la résurgence des mouvements islamistes, ils avaient certes été chassés des grandes localités avec l’intervention militaire de 2013, mais ils se sont refugiés dans des  zones isolées, se sont réorganisés et lancent régulièrement des attaques contre les camps militaires, le dernier en date est l’attaque du camp militaire de Nampala le 19 juillet  qui a entrainé la mort de 17 soldats maliens.



 Dans un rapport publié par  Malilink Investigate Reporting Group, entre la signature de l’accord de paix  soit le 20 juin 2015 et le 25 juin 2015, le Mali a enregistré 191 attaques terroristes avec un minimum de 385 morts.
Enfin, on assiste aussi de plus en plus  à l’émergence d’un nouveau phénomène, les affrontements inter communautaires notamment entre les populations Bambara et Peulh dans la région de Mopti avec  morts d’hommes. Par plus tard que ce samedi, 27 aout 2016, un nouvel affrontement faisait 5 morts.


Sur le  plan de la justice, si l’on peut se réjouir de certains signaux forts  donnés par les autorités notamment  l’arrestation du capitaine SANOGO, auteur du coup d’Etat de 2012, et plusieurs  anciens hauts responsables militaires  dans le cadre de l’affaire  de l’assassinat des  militaires ‘’bérets rouges’’  et le transfèrement à la CPI du djihadiste AHMAD AL FAQI AL  MAHDI dont le procès est en cours, de nombreux crimes commis pendant la crise restent jusque là impunis.


On a même assisté à la libération  dans le cadre du processus  de paix, de certaines personnes suspectées d’être  des auteurs de violations graves des droits humains.
 Plusieurs voix se sont  levées  pour dénoncer cet état de fait notamment les organisations de défenses des droits humains. Pour eux, certaines dispositions de l’accord de paix  à savoir l’amnistie accordée à  certains responsables des groupes armés dont  le juge islamique de Tombouctou,   HOUKA HOUKA AG ALFOUSSEINI,  est une prime à l’injustice.
Par ailleurs,  nombreuses sont les personnes victimes de viols, vols, amputations, flagellations qui sont en attentes que justice soit faite.


Retenons pour terminer, après ces différents constats, que le chantier de la paix, de la justice et de la sécurité au Mali est encore vaste. Beaucoup d’efforts restent à fournir car le chemin y menant est assez long.  Pour y parvenir, la justice transitionnelle pourrait être un atout de taille mais il faudra également que les maliens et les maliennes apprennent à pardonner, à dialoguer et que l’Etat joue pleinement son rôle régalien. Mais tout ceci sera difficile sans une véritable implication de la communauté internationale.








dimanche 15 mai 2016

#Never_Give_Up


'' Refusez de vous  battre,  ne soyez pas ambitieux,  perdez toute confiance en vous,  apitoyez-vous sur votre sort;  vulnérable, vous serez exploité par certains qui vous presseront comme un fruit d'Orange et quand vous n'aurez plus de jus, vous serez jeté dans la poubelle.
Ainsi, vous rendrez service à ceux-là qui veulent vous voir à terre.

Ayez  confiance en vous,  gardez en ligne de mire vos objectifs, levez-vous , marchez, courez, tombez, relevez-vous, n'abandonnez jamais, investissez toutes vos forces dans la réalisation de l'idéal que vous vous êtes tracé, bannissez les pensées négatives, remerciez le Seigneur pour chaque étape franchie...
Au bout de ces efforts, la réussite, vous rencontrerez, la fierté de votre famille, vous ferez, le cauchemar de ceux là qui voulaient vous voir échouer, vous deviendrez. "

dimanche 1 mai 2016

‪#‎MissOrtm‬

Hier soir, presque tout facebook était en mode Miss Ortm.Vous vous êtes privés de sommeil jusqu'à 3h du matin.
Les candidates ont abusé de vous, de votre sommeil, de vos oreilles et de vos yeux."Sans complexe" une ancienne miss dont "ça faisait longtemps qu'elle n'était pas monté sur podium" a abusé de la devise de notre pays.
Les miss de ‪#‎Gao‬, de‪ #‎Kidal‬et de‪ #‎Koulikoro‬ étaient jolies mais il parait qu'une n'avait pas la taille, qu'une autre articulait mal et que l'autre ne comprenait pas anglais.
La miss #Mali_France qui avait les atouts necessaires n'a pas été du goût des membres du jury. Peut être qu'elle était trop raffinée et peut être "sans complexe" (comme l'avait dit l'autre ancienne miss), pour representer la beauté malienne.
Les miss Ségou et Tombouctou, hum! Quelle erreur de casting?
Pour boucler la boucle, les membres du jury aussi hum!
Merci quand même pour l'election de l'ambassadrice de la laideur, éééh pardon, de la beauté malienne.
Merci d'avoir abusé de nous!
PS:Avis aux millions de belles maliennes dont il est impossible de faire un pas sans en croiser, tant que vous continuerez à ne pas vous presenter à Miss ORTM, on continuera à abuser de nous! (sourire)‪

#‎Tous_Ça_Là_Ça_Gâte_Cœur

samedi 23 avril 2016

Je vis dans un pays...

Je vis dans un pays... 

-Je vis dans un pays où plus de la moitié de la population vit avec moins de 1000fr par jour alors que des personnes se permettent d'acheter des sacs à main à des millions de francs CFA,

-Je vis dans un pays où lorsque deux médiocres,  un qui fait de façon à peine voilée la promotion du '' crack'' dans ses chansons et l'autre extravagante et aux moeurs faciles, se convoquent à la police,  les réseaux sociaux s'enflamment; à croire que nous n'avons pas des préoccupations assez importantes dans ce pays et que nous ne pouvons utiliser autrement ces réseaux pour faire avancer les choses .

-Je vis dans un pays où le chômage des jeunes bat son plein; où les jeunes assis, à attendre les 200mille emplois promis par le président n'ont que leurs théières pour  tenir afin de ne pas perdre patience en attendant le geste promis par le père Noël Bouraman.

-Je vis dans un pays, où certains jeunes se démarquent, ils sont engagés,  mais engagés pour la plupart dans des actions isolées, chose qui n'est pas de nature à créer une masse critique assez forte pour un changement positif..

-Je vis dans un pays,  où encore en 2016,  il existe dans le secteur des télécommunications, un monopole qui ne dit pas son nom (Orange et Malitel, deux sociétés dont France Télécom est indirectement actionnaire); où le coût de la connexion internet rivalise avec le coût du loyers,  du sac de riz; où  la démocratisation de l' internet est un leurre et l'accès au  haut débit est un mirage.

-Je vis dans un pays où le divorce atteint des records,  si le dimanche à Bamako c'est le jour des mariages,  le lundi à Bamako c'est le jour du rendez-vous devant le juge

-Je vis dans un pays où il fait en moyenne 35° en période de chaleur mais où il n'est pas rare de voir en circulation sur la moto des personnes habillées en vestes trois pièces ou dans de gros ensemble boubou  bazin,  (j'imagine leur souffrance,  sous cette chaleur assassine)

-Je vis dans un pays où le délestage en pleine période de chaleur est quotidien,  où les deux compagnies  censées nous fournir de  l'eau et de l'électricité se font une compétition afin de remporter la prime de la médiocrité. (d'ailleurs c'est dans le noir que j'écris ce billet)

-Je vis dans un pays où la paix tant annoncée semble aujourd'hui,  au regard de la situation qui prévaut un mirage

-Je vis dans un pays où le mot politicien se conjugue avec les verbes : vol,  mentir, détourner, corrompre...

-Je vis dans un pays où l'opposition se fait appeler '' opposition démocratique et républicaine '' (tout ceci afin de caresser le pouvoir dans le sens du poil) ;
à croire qu'ailleurs l'opposition est autoritaire et non républicaine.
Soit on est opposant, soit on ne l'est pas.

-Je vis dans un pays où le quotidien, c'est la misère; où  l'espoir s'amenuise;  où le futur s'annonce, si rien est fait, sombre;  à voir le bateau tangué,  on a du mal à reconnaître le capitaine qui avait pourtant juré mordicus que '' Inch'Allah'' à coup de bâton magique il redresserait le pays.
Désemparée,  la population qui ne sait plus à quel saint se vouer essaie tant bien que mal d'être optimiste avec des slogans du genre '' ça va à la malienne '' à chaque fois qu'il leur est demandé comment est-ce qu'ils vont ?

Comment se sent-on, quand ça va à la malienne ?

Nb: « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »





samedi 9 avril 2016

Ces dernières années,  il nous a été donné de voir lors de différentes crises dans les pays ouest africains ,  l'émergence de leaders qui ont su de par leur volonté,  leur leadership affiché, conduire au changement tant voulu par le peuple.

Ainsi, en Côte-d'Ivoire, nous avons vu durant les années de crises deux grands leaders que sont Soro K. Guillaume(actuel président de l'Assemblée Nationale) mais surtout un certain Blé Goudé Charles(actuellement emprisonné a la CPI).
Quelque soit ce qu'on peut reprocher a ce dernier,  force est de reconnaître qu'il a su user de son leadership pour motiver et mobiliser autour de lui des centaines de milliers de jeunes pour l'atteinte de leur objectif commun. (Je ne rentrerai pas dans les détails)
On se rappelle de ces foules immenses de jeunes dans les rues d'Abidjan atteignant souvent les deux millions de manifestants à l' appel de celui là même qui se faisait appeler le général de la rue A.K.A Blé Goudé Charles.

Ensuite, au Sénégal,  après une interprétation erronée de la constitution pour se présenter aux élections de 2012, Abdoulaye Wade a eu face à lui une jeunesse motivée conduite par des leaders tels que les rappeurs Keur Gui, et les journalistes Cheikh Fadel Barro et Aliou Sané qui à travers le mouvement de contestation pacifique " Y'en a marre" ont mobilisé et  inciter les Sénégalais à voter, à renouveler le personnel politique, à lutter contre la corruption et promouvoir le civisme.
Pour ce faire,  ils lancent une grande campagne pour convaincre les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales afin de participer à l'élection présidentielle, ils organisent des manifestations et sit-ins sur la place de l'Obélisque à Dakar...
Leur mobilisation portera fruit et échec sera fait à Mr Wade qui perdra contre toutes attentes les élections au profit de son ex dauphin Macki Sall.

Au Burkina Faso,  face à l'entêtement du " Môgô Puissant" A.K.A Blaise Compaore au pouvoir depuis les années 80 après un coup d'état contre un certain Thomas Sankara, de tripatouiller la constitution et de se représenter aux élections, Une jeunesse intègre s'est levée et a dit non.
 Organisé au sein du "Balai Citoyen", avec des leaders tels que Smokey, Samsk  le Jah, Rasmane zinaba()... , le mouvement  "Balai Citoyen" a balayé à main nue Mr Compaore & Co ouvrant ainsi une période de transition qui nous espérons, permettra au peuple Burkinabé d'aller sur de nouvelles bases avec la prise en compte de leurs aspirations à accéder à plus de démocratie, plus de justice,  un partage équitable des richesses du pays...

Enfin, qu'en est-il  chez nous au Mali?

Si nous pouvons être fier d'un certain Abdoul Karim Camara dit "Cabral" des années 80, leader estudiantin emblématique assassiné le  17 Mars 1980, force est de constater qu'il est en réalité difficile  aujourd'hui au Mali  de montrer une personne,  un jeune au plan national qui incarne le leader parfait.
Malheureusement,  tout le monde s' autoproclame leader mais en réalité ils ne le sont que du bout des lèvres car ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour que ces pseudo leaders se fassent remarquer à travers leur capacité à motiver la jeunesse malienne pour la réalisation ensemble  d'un but national commun.

Petit rappel:

En 2012, le pays est attaqué, en violation flagrante du serment contenu dans l'hymne nationale, je cite:  "Si l'ennemi découvre son front au dedans ou au dehors, debout sur les remparts,  nous sommes résolu de mourir,  pour l'Afrique et pour toi Mali..." , des enfants de la patrie, censés défendre les frontières contre les agresseurs retournent leurs armes contre l'Etat, faisant ainsi le coup d'état le plus "lâche" de l'histoire de l'Afrique, un coup d'état à seulement deux mois des élections favorisant ainsi la chûte des régions du nord aux mains d 'islamistes &Co .  Aucun leader ne bronche!

Soutenu par une main invisible, un groupe rebelle autoproclame une république fantoche:  aucun leader ne se démarque du lot, on fait des communiqués laconiques et on organise des manifestations de clan par peur de se faire étouffer par d'autres associations.

Les islamistes terrorisent, amputent à Gao, à Tombouctou...Nos pseudo leaders continuent les communiqués laconiques et manifestations de clan!

On Tabasse le président de la transition, un vieillard de 70 ans, nous propulsant du coup à la tête du championnat africain de la connerie: Pseudo leaders=> Communiqués laconiques, manifestations de clan...

Les jeunes de Gao(que j'admire) sont assassinés lors d'une manifestation: Pseudo leaders=> Communiqués laconiques, au même moment à la place de l'indépendance: sonorisation tee shirt pour une campagne de sensibilisation contre Ebola!

Et depuis un certain temps,  Chômage des jeunes,  détournement de fonds publics,  passe-droit, favoritisme,  népotisme, banditisme grandissant...: Pas de communiqués ni de manifestations de clan mais nos pseudo leaders deviennent de plus en plus des Malcom X de facebook.

-Quand je vois la jeunesse ivoirienne,  je suis sous le charme!
-Quand je vois la jeunesse sénégalaise, je suis en admiration
-Quand je vois la jeunesse burkinabé, je mets chapeau bas et je dis respect
-Quand je vois la jeunesse malienne... (les points de suspension seront remplacés le jour où j'aurai le qualitatif qui sied)

Mamadou Ben Moussa Coulibaly 

dimanche 3 avril 2016

LETTRE DE AMADOU HAMPATE BA À LA JEUNESSE

Mes chers cadets,
Celui qui vous parle est l’un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l’imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s’est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd’hui encore sa soif d’apprendre est aussi vive qu’aux premiers jours.
Il a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine pour se découvrir et bien se connaître, afin de pouvoir ensuite se reconnaître en son prochain et l’aimer en conséquence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant.
Après cette quête difficile, il entreprit de nombreux voyages à travers le monde : Afrique, Proche-Orient, Europe, Amérique. En élève sans complexes ni préjugés, il sollicita l’enseignement de tous les maîtres et de tous les sages qu’il lui fut donné de rencontrer. Il se mit docilement à leur écoute. Il enregistra fidèlement leurs dires et analysa objectivement leurs leçons, afin de bien comprendre les différents aspects de leurs cultures et, par là même, les raisons de leur comportement. Bref, il s’efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problème de la vie, c’est la MUTUELLE COMPRÉHENSION.
Certes, qu’il s’agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns des autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c’est cela qu’il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l’autre et dialoguer avec lui. Alors nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentarité et source d’enrichissement mutuel. De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N’ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s’enrichirait-on soi même ?
À notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre est toujours plus enrichissante, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d’Afrique disait : il y a « ma » vérité et « ta » vérité, qui ne se rencontreront jamais. « LA » Vérité se trouve au milieu. Pour s’en approcher, chacun doit se dégager un peu de « sa » vérité pour faire un pas vers l’autre…
Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l’humanité et passionnante par les possibilités qu’elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle connaîtra une fantastique rencontre de races et d’idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers. Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se réfugier dans sa tour d’ivoire. Tous les États, qu’ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont désormais interdépendants, ne serait-ce que sur le plan économique ou face aux dangers d’une guerre internationale. Qu’ils le veuillent ou non, les hommes sont embarqués sur un même radeau : qu’un ouragan se lève, et tout le monde sera menacé à la fois. Ne vaut-il pas mieux essayer de se comprendre et de s’entraider mutuellement avant qu’il ne soit trop tard ?
L’interdépendance même des États impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l’humanité est comme une grande usine où l’on travaille à la chaîne : chaque pièce, petite ou grande, a un rôle défini à jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l’usine.
Actuellement, en règle générale, les blocs d’intérêt s’affrontent et se déchirent. Il vous appartiendra peut-être, ô jeunes gens, de faire émerger peu à peu un nouvel état d’esprit, davantage orienté vers la complémentarité et la solidarité, tant individuelle qu’internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle il ne saurait y avoir de développement.
La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l’Afrique de la savane au sud du Sahara, que je connais plus particulièrement) était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à tous les niveaux. En aucun cas un homme, quel qu’il soit, n’était isolé. Jamais on n’aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachée. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, où même l’étranger de passage trouvait gîte et nourriture. L’esprit communautaire et le sens du partage présidaient à tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fût-il, était ouvert à tous.
L’homme s’identifiait à sa parole, qui était sacrée. Le plus souvent, les conflits se réglaient pacifiquement grâce à la « palabre » : « Se réunir pour discuter, dit l’adage, c’est mettre tout le monde à l’aise et éviter la discorde ». Les vieux, arbitres respectés, veillaient au maintien de la paix dans le village. « Paix ! », « La paix seulement ! », sont les formules-clé de toutes les salutations rituelles africaines. L’un des grands objectifs des initiations et des religions traditionnelles était l’acquisition, par chaque individu, d’une totale maîtrise de soi et d’une paix intérieure sans laquelle il ne saurait y avoir de paix extérieure. C’est dans la paix et dans la paix seulement que l’homme peut construire et développer la société, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l’on a mis des siècles à bâtir !
L’homme était également considéré comme responsable de l’équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n’était pas sa propriété, mais un dépôt sacré confié par le Créateur et dont il n’était que le gérant. Voilà une notion qui prend aujourd’hui toute sa signification si l’on songe à la légèreté avec laquelle les hommes de notre temps épuisent les richesses de la planète et détruisent ses équilibres naturels.
Certes, comme toute société humaine, la société africaine avait aussi ses tares, ses excès et ses faiblesses. C’est à vous, jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu’il appartiendra de laisser disparaître d’elles-mêmes les coutumes abusives, tout en sachant préserver les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque génération est comme un jardinier. Le bon jardinier n’est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer à sa personnalité propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout à fait. Là encore, souvenons-nous de l’adage : « Le morceau de bois a beaucoup séjourné dans l’eau, il flottera peut-être, mais jamais il ne deviendra caïman ! »
Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ses branches dans toutes les directions de l’espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi, bien enracinés en vous-mêmes, vous pourrez sans crainte et sans dommage vous ouvrir vers l’extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir.
Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d’abord, l’approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de mieux se connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur l’extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.
Jeunes gens d’Afrique et du monde, le destin a voulu qu’en cette fin du vingtième siècle, à l’aube d’une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n’aspirent qu’à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l’avenir, plein d’incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d’aventures nouvelles et d’expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu’il y ait, non-rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d’une époque par l’autre.
Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d’avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seuls. Si des conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre !
Et lorsque vous voudrez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la Terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l’on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la Vie, sous tous ses aspects !
Certains d’entre vous diront peut-être: « C’est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse ! ». Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu’il n’y a pas de « petit » incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n’y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l’on ne sait jamais, au départ, de quelle action apparemment modeste sortira l’événement qui changera la face des choses. N’oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d’une graine qui, au départ, n’est pas plus grosse qu’un tout petit grain de café…

jeudi 31 mars 2016

Concours Mondoblog : '' Notre première rencontre ''

'' Notre première rencontre ''

Dans le cycle de la vie,  il vous arrivera de rencontrer de nombreuses personnes, parmi elles , à peine connaissance faite,  vous en oublierez assez, alors que ,  d'autres,  dès le premier regard vous marqueront à vie.


On m'aurait dit auparavant ,  qu'une simple rencontre pouvait changer la vie d'une personne,  j'aurais été prêt à mettre ma main au feu pour soutenir le contraire.
On m'aurait dit, qu'il est possible qu'un homme tombe éperdument amoureux d'un simple regard,  Mamadou Ben Moussa vous aurait répondu,  d'arrêter de rêver debout et que les contes de fée n'existaient que dans les telenovelas brésiliens.

On dit souvent que le coeur a ses raisons que la raison elle même ignore, moi j'ajouterai que les yeux sélectionnent l'idéale féminine que notre imagination cautionne et que notre coeur adopte.

L'amour, en réalité, pour moi, n'existe pas, du moins c'est ce que je croyais jusqu'à ce que le regard du pauvre Mamadou Ben Moussa aillent à la rencontre de celui de cette jeune fille à la beauté digne de celle d'une princesse sonrhaï venue tout droit de la cité des Askias.

Elle était majestueusement belle,  fille au teint noir éclatant, au sourire d'ange, avec des dents blanches comme des grains de riz "Gambiaka'' produit à l'office du Niger.
J'avais jamais vu une jeune fille africaine avec d'aussi beaux cheveux, elle n'avait point besoin de mèches brésiliennes ou indiennes, ses cheveux étaient naturellement Nappy et lui allaient à merveille.
Sa voix était suave, mélodieuse, envoûtante, en fait,  c'est ce que je croyais avant même de l'aborder.
Ses yeux, était les plus magnifiques qu'il m'ait été donné de voir jusque là.
En vérité,  ma princesse,  la reine de mon coeur, était extraordinairement Belle, elle n'avait rien à envier à la duchesse de Cambridge, Kate Middleton et encore moins à miss monde.
Elle était dotée d'une beauté rarissime, elle savait harmoniser les couleurs,  son style vestimentaire loin d'être extravagant faisait encore mieux ressortir sa beauté angélique.

La première fois que je l'ai rencontré, c'était un samedi,  lors d'une cérémonie,  je faisais le MC quand mon regard croisa le sien.
J'étais sur le podium et elle parmi le public,  quand je l'ai aperçu, micro en main face à une foule nombreuse, j'ai perdu pendant quelques minutes mon latin avant de me ressaisir.

La cérémonie terminée, je m'investissais alors de la retrouver.
Après plusieurs tentatives infructueuses, je la voyais enfin arrêter de dos au téléphone, mon coeur se mit à battre de plus en plus fort,  je me demandais comment l'aborder ?
Jamais,  je n'avais ressenti pareille émotion,  jamais j'avais eu autant peur d'aborder une fille.

Après quelques minutes de réflexion et vu qu'elle était sur le point de s'en aller,  je pris mon courage à deux mains tout en me disant qu'on ne meurt qu'une fois.
Alors je m'approchais tout doucement vers elle et tout en balbutiant,  je lançais à son endroit:

 '' Bon...Bon...soir la..la...la reine de la  beau.. beau...té.. >>
Elle se retourna vers moi, avec un sourire à couper le souffle et me dit:
<<bonsoir le beau gosse... >>

Beau gosse ?
Qui moi ?

 Me suis-je demandé et pour trouver réponse,  je me retournais pour voir derrière, s'il s'agissait d'une autre personne.
C'est en ce moment précis que mon téléphone se mit  à fredonner :


"Quelques soient tes revers
même si tout va de travers
et si tout semble être à l’envers
prends courage persévère
quelques soient tes ambitions
ta foi et ta dévotion
que tu n’obtiennes satisfaction
donnes toi toujours à fond... "

Cette chanson de l'artiste beninois Wilf Enigma, dont le titre est " La Vie Ici Bas" était en réalité la sonnerie de mon réveil.

Je prend mon téléphone et je jette un coup d'oeil,  il est 5h30 du matin.
Je me rendis compte alors que cette histoire de première rencontre n'était qu'un rêve.
Je refusais d'y croire je frottais mes yeux mais hélas, cette princesse n'existait que dans mon rêve.


Les jours passèrent, j'avais toujours du mal à réaliser que ma  reine de beauté, n'était qu'un mirage jusqu'au jour où je fus convoquer pour une mission , et que je me rendis compte de la présence dans la délégation d' une jeune fille qui ressemblait trait pour trait à celle que j'avais vu dans mon rêve.

C'était ma première vrai rencontre avec l'élue  de mon coeur.
Nous fûmes connaissance et ainsi commença une très belle histoire d'amour.